Hermès Homme: dernier défilé, même élégance pour l’adieu de Véronique Nichanian
Un mannequin présente une création d’Hermès pour la collection prêt-à-porter homme automne-hiver 2026/2027 lors de la Fashion Week masculine de Paris, à Paris, le 24 janvier 2026. ©Thomas SAMSON / AFP

Après trente-sept ans à la tête du vestiaire masculin d’Hermès, Véronique Nichanian a présenté à Paris sa dernière collection pour la maison. Ovationnée à l’issue du défilé, la créatrice signe une sortie fidèle à son style, entre intemporalité, élégance discrète et transmission, dans un contexte de profond renouvellement des directions artistiques du luxe.  Une page se tourne pour Hermès, sans rupture, mais dans la continuité d’un héritage patiemment construit.

Une standing ovation et «énormément d'émotions»: la styliste française Véronique Nichanian a présenté samedi soir à Paris son dernier vestiaire Hermès après 37 ans à la tête de la ligne homme, une collection qu'elle a voulu «comme les autres».

«C'est énormément d'émotions, parce que ce n'est pas une rétrospective, ce n'est pas du tout nostalgique, mais de voir tout le monde qui m'aime, qui m'embrasse, qui me dit que ça les touche… Toute cette affection, cet amour, c'est fort», a confié à l'AFP la créatrice de 71 ans à l'issue du défilé organisé à la Bourse, au cœur de la capitale française.

En coulisses, de nombreuses personnalités se pressaient pour la saluer et la féliciter, dont le créateur britannique Paul Smith, le chanteur américain Usher et la star de Gossip Girl Ed Westwick.

Véronique Nichanian a annoncé son départ en octobre. «C'est ma décision d'arrêter, de faire autre chose», assure-t-elle. À savoir, prendre plus de temps pour elle, notamment pour «réaliser un rêve de longue date»: passer plusieurs mois au Japon, confiait-elle à l'époque au Figaro.

Si la styliste quitte la direction artistique des collections homme, elle ne s'éloigne pas pour autant d'Hermès. «Je reste sur la soie et le cuir masculin, mais j'arrête le prêt-à-porter et c'est tout un pan de ma vie», explique-t-elle.

«Clins d'œil»

Pour cette ultime présentation, Véronique Nichanian n'a pas souhaité déroger à sa méthode. «Cette dernière collection, c'était une collection comme les autres», présente-t-elle.

«Mais juste en clin d'œil, j'ai mis des passages de différentes collections, avec des tenues de 1991, 2001, 2010... Pour prouver combien les vêtements d'Hermès sont intemporels. Ils sont faits pour aujourd'hui et pour toujours».

Pantalons droits en cuir, parkas à capuche en peau lainée, blousons droits en feutre de laine, vestes en crocodile, pulls en cachemire ou encore costumes en flanelle composent ce nouveau vestiaire.

Le tout dans une palette très monochrome de noir, gris, beige ou taupe, relevée parfois d'éclats de couleurs: du jaune moutarde sur une parka ou du rose vif dans la doublure d'un blouson.

Une fois le final passé, la créatrice a fait un dernier tour de piste, acclamée par les quelques centaines d'invités tous debout, tandis que des écrans géants diffusaient ses anciens défilés.

«Pas difficile»

Rare femme à s'imposer dans l'univers de la mode masculine, Véronique Nichanian assure que cela «n'a pas été difficile».

De Nino Cerruti, qui l'a recrutée à la sortie de l'école, à Jean‑Louis Dumas, qui la fait venir chez Hermès en 1988, elle dit avoir croisé «des hommes intelligents qui ont vu un créateur au lieu de se dire, c'est une femme ou c'est un homme.»

La Britannique d'origine jamaïcaine Grace Wales Bonner a été nommée quelques jours après l'annonce de son départ pour lui succéder.

Elle présentera sa première collection en janvier 2027. Celle de juin sera préparée par les studios de création interne.

«Je lui souhaite le meilleur pour l'avenir», a dit Véronique Nichanian, précisant qu'elles ne s'étaient pas encore rencontrées.

Les collections femme Hermès restent dirigées par Nadège Vanhée-Cybulski, à la tête de la ligne depuis 2014.

Ce changement prend place dans un vaste mercato des directeurs artistiques, chez Chanel, Dior ou Gucci, alors que le marché du luxe fait face à des défis économiques et commerciaux.

Hermès ne connaît pas la crise. La maison française dont la publication des résultats annuels est attendue le 12 février, a vu son chiffre d'affaires croître de 6,3% sur les neuf premiers mois de 2025, à 11,9 milliards d'euros.

L'an passé, le groupe de luxe a investi plus d'un milliard d'euros, avec notamment l'ouverture d'une 25ᵉ maroquinerie en France. Hermès prévoit d'en ouvrir trois autres dans le pays au cours des trois prochaines années.

Dans ce contexte, le directeur général Finances, Eric du Halgouët, a confirmé en octobre que le projet de se lancer dans la haute couture était "bien en cours de préparation", mais pas «avant 2027 au plus tôt».

Par Marine DO-VALE / AFP

 

 

 

 

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