«Nous ne lâchons pas les Kurdes» en Syrie, a assuré jeudi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, soulignant que la France restait «engagée» dans le processus de soutien d’une Syrie incluant toutes les minorités.
«Nous ne lâchons pas les Kurdes, nous savons ce que nous leur devons. Ce sont nos frères d’armes», a déclaré Pascal Confavreux, alors que les forces kurdes font face à une avancée de l’armée syrienne dans le nord-est, le président Ahmad al-Chareh étant déterminé à étendre son autorité sur l’ensemble du pays.
Les forces kurdes ont joué un rôle-clé, aux côtés de la coalition internationale antijihadiste menée par les États-Unis, pour combattre le groupe État islamique (EI) en Syrie.
Un accord a été signé dimanche avec le président Ahmad al-Chareh, qui vise à intégrer les institutions civiles et militaires kurdes au sein de l’État syrien.
Il porte un coup aux espoirs d’autonomie de cette minorité, qui avait instauré une zone autonome dans le nord et le nord-est, le Rojava, au cours de la guerre civile (2011-2024), après avoir défait l’EI avec l’aide de la coalition internationale antijihadiste menée par les États-Unis.
Damas prévoit que l’État syrien devienne «responsable» des prisonniers de l’EI et que l’administration kurde chargée de ce dossier soit «intégrée aux institutions étatiques», un revers pour cette minorité qui se sent lâchée par les États-Unis.
Manifestations de soutien
En France, la communauté kurde a multiplié les manifestations ces derniers jours, s’estimant également trahie par les autorités françaises.
Le porte-parole du Quai d’Orsay a réfuté cela, soulignant que la France était impliquée à la fois pour «soutenir cette Syrie avec une pleine inclusivité des différentes communautés et en évitant toute violence» et pour «éviter toute résurgence de foyers de Daesh».
«Le président de la République (Emmanuel Macron), le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères (Jean-Noël Barrot) se sont impliqués fortement avec leurs homologues pour faire cesser au maximum ces violences», a également réagi Pascal Confavreux.
À Marseille, quelque 2.500 manifestants de la communauté kurde se sont rassemblés dans le centre-ville, selon la préfecture. Ils brandissaient pour certains des drapeaux aux couleurs des forces kurdes syriennes et du Rojava, d’après un témoin.
Des journalistes de l’AFP ont vu des motos calcinées, des arrêts de bus et de tramway aux vitres pulvérisées et des caméras de surveillance de la ville arrachées. Les marins-pompiers ont fait état de «feux de détritus» en marge de la manifestation.
«Au moment de la dispersion de la manifestation en soutien au peuple kurde (…) les forces de l’ordre ont été la cible de tirs de mortiers d’artifice et autres projectiles», a déclaré aux journalistes Jacques Witkowski, préfet des Bouches-du-Rhône, condamnant «ces violences et les dégradations commises».
«Les forces de sécurité intérieure protègent tous ceux qui souhaitent manifester pacifiquement mais aucune atteinte à l’ordre public ne sera tolérée», a-t-il encore averti.
AFP



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