Pourparlers sur l'Ukraine: le point sur les précédents cycles de négociations
Cette photo prise et publiée par la Cour présidentielle des Émirats arabes unis le 23 janvier 2026 montre le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohamed bin Zayed al-Nahyan (au centre), s'entretenant avec les chefs des délégations participant aux pourparlers trilatéraux entre les États-Unis, la Russie et l'Ukraine, organisés par les Émirats arabes unis, au palais Al Shati à Abu Dhabi. ©UAE PRESIDENTIAL COURT / AFP

Des responsables ukrainiens, américains et russes se sont réunis vendredi à Abou Dhabi pour discuter d’un règlement du conflit en Ukraine sur la base d’un plan promu par le président américain Donald Trump.

Voici un aperçu des précédents cycles de négociations, depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février 2022:

Février 2022, premiers contacts 

Des négociateurs russes et ukrainiens se rencontrent au Bélarus quelques jours après le début de l’offensive russe à grande échelle.

La Russie envoie pour la représenter des conseillers de second plan : Vladimir Medinski, un ex-ministre de la Culture à la réputation entachée par un scandale de plagiat, et Léonid Sloutski, un parlementaire nationaliste accusé de harcèlement sexuel.

Moscou exige que l’Ukraine cesse de combattre et reconnaisse l’annexion de la Crimée et des régions minières du Donbass, celles de Donetsk et de Lougansk. Inacceptable pour Kiev.

«Ils sont venus, ont lu certains ultimatums et c’est tout», a relaté plus tard à l’AFP un conseiller de la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak, qui était alors un des négociateurs.

Un accord sur des «couloirs humanitaires» est cependant trouvé.

Premier cycle de discussions en Turquie 

Une rencontre a lieu en mars 2022 en Turquie avec les ministres russe et ukrainien des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et Dmytro Kouleba, tandis que les Ukrainiens opposent une résistance inattendue aux forces russes.

La Russie évoque un possible retrait de territoires du nord de l’Ukraine et Kiev fait part d’un possible «statut de neutralité» et de la poursuite des pourparlers sur la Crimée et le Donbass.

La découverte des massacres de Boutcha, près de Kiev, où des civils sont retrouvés abattus en pleine rue, certains les mains attachées dans le dos, après le retrait de l’armée russe, met fin aux volontés de discussions.

La Russie revendique l’annexion de quatre régions ukrainiennes en plus de la Crimée en septembre et le président ukrainien Volodymyr Zelensky répond par un décret écartant toute négociation tant que Vladimir Poutine sera au pouvoir.

La diplomatie de Trump 

À son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump promet de mettre fin au conflit «en 24 heures».

En février, pendant une rencontre explosive à Washington, il accuse son homologue ukrainien de n’être pas assez «reconnaissant» pour le soutien américain.

En août, le président américain adresse à la Russie un ultimatum, la menaçant de droits de douane, pour ensuite accueillir Vladimir Poutine en grande pompe en Alaska. La séance de questions-réponses avec les journalistes est annulée, M. Poutine repart sans promettre de cessez-le-feu.

M. Trump accuse, depuis, tour à tour les présidents ukrainien et russe d’être à l’origine des échecs des négociations mais se dit optimiste quant à un prochain règlement du conflit.

Retour à Istanbul 

Des négociations directes ont lieu en mai, juin et juillet 2025, tandis que les États-Unis menacent la Russie de sanctions si elle n’accepte pas un cessez-le-feu de 30 jours.

La dernière rencontre ne dure qu’une heure, Vladimir Medinski, encore à la tête de l’équipe russe, constatant que les positions respectives de Moscou et de Kiev sont «assez éloignées les unes des autres».

Ces pourparlers directs permettent un échange important de prisonniers de guerre.

Le Plan Trump 

Mi-novembre 2025, Ukrainiens et Américains se retrouvent d’urgence à Genève en présence des alliés européens de Kiev pour discuter d’un projet de plan en 28 points de Donald Trump en vue de mettre fin à la guerre.

Considéré comme largement favorable à Moscou, ce plan prévoit notamment que l’Ukraine cède des territoires, y compris une partie toujours sous son contrôle, mais offre des garanties de sécurité occidentales à Kiev pour éviter toute nouvelle attaque russe.

S’ensuivent de nombreuses discussions séparées entre négociateurs ukrainiens et russes avec les Américains autour de plusieurs documents, dont un plan en 20 points.

 

AFP

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