Un rapport gouvernemental britannique intitulé Global Biodiversity Loss, Ecosystem Collapse and National Security aurait été retiré de la publication par des ministres, après que des responsables du renseignement ont alerté que la crise climatique pourrait provoquer une migration de masse vers le Royaume‑Uni et même déclencher une guerre nucléaire en Asie, selon des informations révélées vendredi par le média britannique The Times.
Ce document, élaboré avec la contribution du Joint Intelligence Committee, l’organe qui supervise notamment MI5 et MI6, devait initialement être rendu public à l’automne dernier, mais Downing Street l’a bloqué pour son ton jugé trop pessimiste.
Après qu’une demande d’accès à l’information a forcé le gouvernement à publier une version abrégée, celle‑ci reconnaît une «possibilité réaliste» que la dégradation des forêts et des cours d’eau alimentés par les glaciers entraîne une «compétition mondiale pour la nourriture» dès les années 2030.
La version interne complète, consultée par The Times, va plus loin : elle met en garde contre le déclin des forêts du Congo et le tarissement des rivières himalayennes qui pourraient pousser des populations à migrer vers l’Europe, renforcer le populisme au Royaume‑Uni et exercer une pression supplémentaire sur des infrastructures déjà fragiles. Elle signale aussi que la présence d’importantes diasporas sud‑asiatiques en Grande-Bretagne pourrait attirer davantage de migrants.
Le rapport évoque encore une hausse potentielle de l’«éco‑terrorisme» au Royaume‑Uni, le risque que l’Otan soit entraînée dans des conflits pour les « rares zones de production alimentaire » en Russie ou en Ukraine, et il qualifie ces prévisions de «scénario pire cas raisonnable».
Selon l’analyse, de nombreux écosystèmes mondiaux sont tellement stressés qu’ils pourraient atteindre un point de basculement irréversible, que ce soit les forêts du Canada et de Russie ou les glaciers de l’Himalaya dont dépendent deux milliards de personnes.
Les chefs du renseignement ont même averti que la diminution des débits des rivières himalayennes «escaladerait presque certainement les tensions» entre la Chine, l’Inde et le Pakistan – trois puissances nucléaires – ce qui pourrait mener à un conflit nucléaire.
Enfin, le rapport souligne que le Royaume‑Uni, qui importe une part importante de sa nourriture, notamment près d’un cinquième de ses aliments pour animaux provenant d’Amérique du Sud, devrait faire des investissements coûteux dans ses chaînes d’approvisionnement (comme la viande cultivée en laboratoire ou de nouvelles variétés de cultures) pour garantir sa sécurité alimentaire.
Un proche du développement du rapport a dénoncé que le gouvernement «cache le véritable danger du changement climatique au public» et qu’une conversation honnête sur ces risques est nécessaire.



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