Visite du général Haykal à Washington, entre attentes internationales et obstacles internes
Le commandant en chef de l'armée, Rodolphe Haykal, est attendu aux États-Unis, début février. ©Al-Markazia

Avant même son départ pour Washington, la visite du commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, prévue début février, s’annonce sous haute tension. Sur le terrain, les obstacles s’accumulent et menacent d’alourdir une mission déjà délicate, au moment où l’institution militaire est appelée à démontrer sa capacité à imposer l’autorité de l’État.

Selon une source officielle bien informée, dont les propos ont été rapportés par le quotidien Nidaa al-Watan, le Hezbollah, qui n’a jamais réellement coopéré avec l’armée au sud du Litani, s’apprêterait à compliquer davantage ses opérations au nord du fleuve. Parallèlement, des tentatives de brouillage auraient déjà été amorcées au Liban-Sud, à travers des relais locaux et des mouvements dits «populaires», sur fond de discours accusant l’armée d’exécuter de prétendues «exigences israélo-américaines». Des critiques appelées, selon la même source, à s’intensifier dans les semaines à venir.

Sur le plan régional, cette visite intervient alors que l’initiative égyptienne visant à proposer une sortie de crise au Liban semble désormais enterrée. Selon les informations de Nidaa al-Watan, la proposition de contenir les armes a été rejetée dans son ensemble, au profit d’exigences plus radicales appelant à un désarmement total et définitif. Une ligne défendue avec fermeté par Washington et Tel-Aviv, dans un contexte de bouleversements majeurs en Iran, qui nourrissent une volonté accrue de mettre fin aux réseaux armés affiliés au régime des mollahs dans la région.

C’est donc dans ce climat tendu que le général Haykal doit se rendre aux États-Unis, une visite suivie de près par les milieux politiques libanais. Placé sous la supervision directe de l’ambassadeur américain à Beyrouth, Michel Issa, avec l’appui de l’émissaire saoudien, Yazid ben Farhane, le déplacement est soigneusement préparé afin d’en garantir le succès. Washington attend du chef de l’armée qu’il expose sa vision de la phase à venir, alors que la question du monopole de l’État sur les armes, au sud comme au nord du Litani, reste au cœur des préoccupations internationales.

Dans le même ordre d’idées et selon des informations rapportées par d’autres médias locaux, le général Haykal devrait exposer, une fois à Washington, un dossier sécuritaire complet. Celui-ci comprendrait une liste détaillée de sites du Hezbollah, incluant des réseaux de tunnels, des cartes militaires précises, des zones de déploiement de l’armée libanaise, ainsi que des tableaux assortis de calendriers d’exécution.

Selon les mêmes sources, l’armée libanaise entend également exposer aux responsables américains les obstacles concrets qui entravent la mise en œuvre du plan de désarmement, ainsi que les limites structurelles et matérielles qui pèsent sur ses capacités opérationnelles.

On rappelle que, début janvier, l’institution militaire a annoncé la fin de la première phase de son plan de désarmement au sud du Litani, confirmant le démantèlement d'infrastructures militaires du Hezbollah et le rétablissement du monopole de l'État sur les armes dans cette zone, marquant une étape significative du plan post-cessez-le-feu, conclu en novembre 2024. 

Commentaires
  • Aucun commentaire