Le PKK jure de «ne pas abandonner» les Kurdes de Syrie
Face à l'offensive de l'armée syrienne dans le nord-est de la Syrie, le PKK promet de ne «jamais abandonner» les Kurdes, accusant Damas, la Turquie et l'EI de soutenir l'attaque et appelant la communauté internationale à rendre des comptes pour ces actions. ©AFP

La guérilla kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) jure de ne «jamais abandonner» les Kurdes de Syrie face à l'offensive de l'armée syrienne, a affirmé mardi un haut responsable de l'organisation, Murat Karayilan, à l'agence de presse ANF, proche du mouvement.

«Sachez que nous ne vous abandonnerons jamais. Quel qu'en soit le prix, nous ne vous laisserons jamais seuls. Dans ce processus, nous, le peuple kurde tout entier et le mouvement, ferons tout ce qui est nécessaire», a-t-il dit en s'adressant aux Kurdes syriens.

«Ces attaques contre le Kurdistan du Rojava (dans le nord-est de la Syrie, NDLR) ne visent pas seulement cette région, mais l'ensemble du Kurdistan», estime-t-il, en dénonçant «une tentative de saper le processus initié par le leader Apo au Kurdistan du Nord», en référence au processus de paix initié par Ankara avec le chef historique du PKK, Abdullah Öcalan, «Apo» (oncle) pour ses partisans.

M. Öcalan est détenu depuis 1999 au large d'Istanbul.

Proche allié de la nouvelle direction syrienne qui a renversé en décembre 2024 Bachar al-Assad, le gouvernement turc est engagé depuis plus d'un an dans une tentative de règlement négocié avec les combattants du PKK.

Le responsable kurde, Murat Karayilan, accuse les autorités de Damas, la Turquie et l'organisation État islamique (EI) de soutenir l'offensive syrienne «dans le cadre d'un accord international».

«Daech (acronyme arabe de l'EI, NDLR) joue un rôle prépondérant parmi les agresseurs. Cette décision des puissances internationales, leur attitude consistant à permettre ces attaques, restera une tâche indélébile pour les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France et les autres États membres de la coalition internationale», qui s'était mobilisée contre les jihadistes, dénonce-t-il.

Lundi, malgré le froid et la neige, quelque 600 personnes se sont rassemblées à Diyabarkir (sud-est), principale ville à majorité kurde du pays, pour protester contre l'offensive de Damas, avant d'être dispersées sans ménagement par la police.

Le parti pro-kurde DEM, troisième force du Parlement turc, a appelé à un rassemblement mardi dans la ville de Nusaybin, située sur la frontière turco-syrienne.

Tensions à la frontière turco-syrienne.

Plus d'un millier de manifestants pro-kurdes bloqués par la police turque qui a fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau ont tenté mardi de forcer le passage vers la Syrie, au poste-frontière de Nusaybin (sud-est), a constaté un journaliste de l'AFP.

Les manifestants rassemblés à l'appel du parti pro-kurde DEM entendent protester contre l'offensive de l'armée syrienne contre les combattants kurdes dans le nord-est de la Syrie, soutenue par le gouvernement turc.

Les manifestants ont répliqué en lançant des pierres et aux cris, en langue kurde, de«Vive la résistance du Rojava», du nom de l'enclave autonome tenue depuis une dizaine d'années par les Forces démocratiques syriennes (FDS) que Damas a entrepris de déloger.

Des manifestants se sont également regroupés du côté syrien de la frontière, à Qamichli, a constaté l'AFP.

Les deux coprésidents du parti DEM, troisième force au parlement turc, ont pris la parole avant que la foule ne commence à se déplacer.

«Le monde s'est ligué contre les Kurdes» a dénoncé Tuncer Bakirhan.

«Aujourd'hui, nous nous tenons au côté du peuple du Rojava qui se bat pour son honneur, son identité et sa langue, au côté de nos frères et soeurs kurdes».

«Le Rojava c'est la résistance, c'est l'espoir. Nous ne permettrons pas que cet espoir soit ruiné» a-t-il martelé.

«Êtes-vous en train de nettoyer le Rojava des Kurdes?» a demandé sa coprésidente Tulay Hatimogullari.

AFP

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