Catherine Samie, grande dame de la Comédie-Française, est décédée à 92 ans
L’actrice française Catherine Samie plaisante lors du photocall du film La dernière lettre du réalisateur américain Frederick Wiseman, le 21 mai 2002, lors de la 55ᵉ édition du Festival de Cannes. ©François GUILLOT / AFP

Figure emblématique de la Comédie-Française, la comédienne Catherine Samie est décédée à Paris à l’âge de 92 ans. Sociétaire durant un demi-siècle, doyenne de la troupe pendant près de vingt ans et grande servante du théâtre classique et contemporain, elle laisse derrière elle une carrière exceptionnelle, marquée par plus de soixante-dix rôles et de nombreuses distinctions. Avec sa disparition, c’est une page majeure de l’histoire du théâtre français qui se tourne.

Catherine Samie, qui fut comédienne un demi-siècle au sein de la troupe de la Comédie-Française, est décédée dans la nuit de dimanche à lundi à Paris, à l'âge de 92 ans, a appris l'AFP auprès de l'agente de sa fille et de l'institution.

«Elle s'est éteinte tranquillement en serrant la main de sa fille», a déclaré à l'AFP Danielle Gain, agente de Céline Samie, confirmant une information du Figaro.

«Personnalité hors norme, actrice exceptionnelle, Catherine incarnait la Comédie-Française. Avec elle, c'est un peu de l'histoire de notre Maison qui disparaît aujourd'hui», a écrit dans un communiqué Clément Hervieu-Léger, administrateur général de l'établissement public.

Entrée dans la troupe en 1956, Catherine Samie aura joué «plus de soixante-dix rôles en un demi-siècle», rappelle l'institution. Elle «s'est battue pour porter au plus haut les valeurs d'exigence et d'excellence qui font la Comédie-Française», selon M. Hervie-Léger.

Formée au Centre d'art dramatique de la rue Blanche à Paris puis au Conservatoire national supérieur dramatique, l'actrice débute dans les rôles de servantes chez Molière (Dorine, Lisette, Zerbinette etc.) et les «cocottes» de Feydeau, avant d'élargir son registre jusqu'à la tragédie et le théâtre contemporain.

Elle interprète alors Marivaux, Montherlant, Dostoïevski, Mérimée, Rostand, Euripide, Beckett... Elle est par exemple la Reine Elisabeth dans Richard III de William Shakespeare par Terry Hands, joue aussi dans Savannah Bay de Marguerite Duras (mise en scène d'Éric Vigner) ou interprète, dans un seule-en-scène, la Mère, dans La Dernière Lettre de Vassili Grossman, par le réalisateur Frederick Wiseman.

De 1989 à fin 2006, la 438e sociétaire restera doyenne du théâtre, dont elle a par ailleurs été la deuxième femme à occuper le poste d'administrateur général par intérim, en 1990.

«Nous nous souviendrons avec émotion de son regard bleu à l’œil rieur, si acéré et pourtant toujours un peu lointain (...), de sa voix inimitable et de sa diction parfaite. Nous nous souviendrons de ses bras grands ouverts et de ses mains tendues vers l’avant, comme si elle embrassait en un même élan nous tous notre avenir et nos fantômes», a encore déclaré Clément Hervieu-Léger.

Sociétaire honoraire, elle avait quitté la maison en 2007, revenant une fois en 2012 pour jouer Ase dans Peer Gynt d'Henrik Ibsen, mis en scène par Éric Ruf.

Elle a également joué au cinéma, tournant devant la caméra de Julien Duvivier, Josiane Balasko, Michel Audiard, Claude Lelouch, Jean-Jacques Annaud, Coline Serreau.

Celle qui avait reçu un Molière d'honneur en 1998 a notamment été distinguée grand officier de la Légion d'honneur et commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres.

Avec AFP

 

 

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